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6 Janvier 1942

Publié le par Fix

Création de l'Institut national de formation légionnaire.

source : guerre-mondiale.org



Le général De Gaulle prononce un discours à londres à la chambre de commerce française
Monsieur le président, mesdames, messieurs

Si je me félicite de me trouver aujourd'hui l'hôte de la Chambre de Commerce française de Londres, si je vous remercie de m'avoir fait l'honneur de m'y inviter, c'est d'abord pour des raisons qui tiennent au sentiment. Dans la tâche sacrée, mais lourde, que nous avons entreprise pour le service de la France, il n'est pas de milieu français constitué qui se soit, dans son ensemble, rallié plus rapidement et plus complètement que le vôtre à notre grand devoir d'honneur et de libération. Et c'est pourquoi cette cordiale réunion me paraît - laissez-moi vous le dire - particulièrement sympathique.
Certes, si vous avez su, au lendemain même de la défaite de nos armées, faire aussitôt votre choix, pour l'espérance contre le désespoir et pour l'honneur contre l'abandon, votre connaissance particulière des ressources matérielles et morales de nos alliés britanniques a contribué à votre clairvoyance.

Intimement associés aux activités de ce pays, vous étant trouvés au contact prolongé de toutes les couches de son peuple, tenus au fait des réalités puissantes du Commonwealth, vous avez discerné aussitôt, dans les journées tragiques de juin 1940, que tout n'était pas perdu, puisqu'à la voix de Winston Churchill, l'Empire britannique restait debout et résolu. En cela vous étiez guidés par la raison et par l'expérience. Sans doute, ceux des Français qui parviennent à nous rejoindre, soit ici, soit dans les territoires français libérés, étaient-ils, eux, guidés surtout par l'élémentaire instinct national. Mais, pour eux comme pour vous, l'unique chance de salut pour la France était la résistance de la vieille Angleterre. Nous y avons cru, nous avons eu raison.

Mais ce n'est rien d'avoir eu raison. Dans le drame qui se déroule et où l'avenir de la France est engagé, le groupement que vous constituez a bien autre chose à faire qu'à se féliciter rétrospectivement d'avoir adopté, quand il le fallait, l'attitude la plus louable. Pour vous, comme pour notre pays, il s'agit du présent et de l'avenir.

Pour le présent, il pourrait, aux yeux des gens mal renseignés, paraître étrange que la Chambre de Commerce française de Londres eût une activité quelconque. Et, cependant, elle en a une qui est loin d'être négligeable, et dont je crois, pour ma part, qu'elle peut et doit se développer. Le concours que vous apportez à l'effort industriel de guerre de nos alliés britanniques mériterait d'être mieux connu. Ce que font ici des entreprises industrielles, soit filiales de sociétés établies en France, soit constituées et fonctionnant en Angleterre par des activités françaises ou franco-anglaises, le rôle que jouent des techniciens français éminents dont votre très honoré Président d'honneur me paraît être le modèle, enfin la part que plusieurs maisons françaises prennent dans les relations de nos colonies libérées avec l'Empire britannique, tout cela constitue une somme dont l'importance est loin d'être négligeable et qui tend à augmenter.

Il me semble, en particulier, que les ventes et les achats opérés dans l'aire du sterling par les territoires de l'Afrique Équatoriale Française et du Cameroun et, dans une certaine mesure, les échanges des États du Levant sous mandat français, voire même ceux de nos colonies du Pacifique, peuvent et doivent intéresser plusieurs de vos organisations. Il est, d'ailleurs, à escompter que le développement des événements amènera le ralliement d'autres territoires et, par conséquent, l'accroissement de tels échanges. Ai-je besoin d'ajouter que M. Pleven, Commissaire National aux Colonies, est tout disposé à faciliter dans ces matières l'activité des maisons de représentation françaises ?

Cependant, quelle que puisse être la valeur nationale et générale de votre rôle présent, quelle que soit aussi l'abnégation avec laquelle vous acceptez de sacrifier pour la grande cause la plupart de vos intérêts, je sais que, professionnellement, c'est dans l'avenir que vous vivez surtout.

Nul plus que moi-même ne vous donne raison sur ce point, parce que nul n'est plus convaincu que je le suis de l'importance essentielle de la Chambre de Commerce de Londres dans la reconstruction économique de demain.
C'est qu'en effet, une telle reconstruction, s'il est louable de la mettre en chartes, proclamations et formules, sera, en fait, et avant tout, une affaire de réalités pratiques et éprouvées. Quand vous faites le calcul des quantités et des espèces de choses dont notre pays et notre Empire d'une part, la Grande-Bretagne et son Empire d'autre part, auront impérieusement besoin dès le lendemain du dernier coup de canon, quand vous évoquez le déséquilibre qui ne pourra manquer d'apparaître entre les besoins de la consommation et la production utilisable, quand vous mesurez les difficultés que rencontreront dans le monde entier la distribution et le transport des matières premières, des denrées alimentaires et des objets fabriqués, quand vous pensez à ce que seront le bouleversement du crédit et le changement des conditions de travail, bref quand vous prévoyez cette période d'instabilité générale, de disette universelle, d'avidité déchaînée que devra traverser le monde pour retrouver son assiette, vous discernez aussitôt que le retour à la santé sera principalement le fait des hommes et des organismes bien en place, bien connus et bien exercés. Pour ce qui concerne la reprise des relations commerciales et industrielles entre la France et ses alliés anglais, je crois beaucoup, je vous l'avoue, au travail classique et pratique des Chambres de Commerce, françaises ici et britanniques chez nous.

Je souhaiterais que les hommes qui traitent de ces matières eussent toujours présente à l'esprit cette donnée statistique que le meilleur client de la France était l'Angleterre et le meilleur client de l'Angleterre, la France. Inutile, n'est-il pas vrai, d'épiloguer sur les raisons? Productions à beaucoup d'égards complémentaires, proximité des deux pays et, j'ajoute, des parties les plus actives dans chacun de ces deux pays, enfin confiance réciproque entre les entreprises de deux vieilles et honorables nations qui, malgré les traverses de l'Histoire, se portent l'une à l'autre une estime particulière. Je crois bien qu'il y a là, pour demain, un élément de prospérité plus efficace que certains systèmes si vastes qu'on pourrait risquer de s'y perdre. J'ajouterai, sans vouloir insister, que je voie aussi dans cette communauté réelle des intérêts économiques de l'Angleterre et de la France après la guerre un argument qui recommande l'harmonie de leurs politiques. Car enfin, je soupçonne, qu'une fois ce drame terminé, le grand problème des nations sera de trouver les moyens de vivre.

Voilà pourquoi, Messieurs, ce qu'a si bien dit votre Président au sujet de la contribution que votre Chambre est en mesure d'apporter aux travaux préparatoires de la reconstruction française m'a particulièrement frappé. Le Comité National a, comme vous le savez, constitué un important service d'études de ces problèmes essentiels et confié à M. Alphand, dont je n'ai certes pas besoin de développer les qualifications, la charge d'en exercer la direction. Ce service trouvera auprès de vous, comme aussi, je l'espère, auprès des autres Chambres de Commerce françaises à l'étranger, de multiples éléments de données pratiques qui lui seront précieux pour établir notre plan.

Ce ne sera pas le moindre service que vous aurez rendu au pays.

Dans l'ordre d'idées qui nous occupe aujourd'hui, comme dans tous les autres, on pourrait, parfois, se trouver tenté de reculer devant l'énormité des obstacles accumulés sur la route de la France par les malheurs qui l'accablent. Mais deux éléments offrent aux cœurs solides l'antidote au découragement. Le premier est la connaissance, une fois pour toutes acquise au long de l'Histoire, des prodigieuses capacités de redressement de notre pays, dont nous prétendons que les signes apparaissent déjà dans la lumière cruelle de la guerre. Le second est, tout simplement, le sentiment du devoir. Pour le reste, nous savons bien que la France a les promesses de la vie éternelle.

source : MediasLibres.com
uk.gifFront ouest
Le président Roosevelt annonce que des forces américaines vont être basées en Grande-Bretagne

source : Worldwar-2.net


Front d'Afrique du nord
Les troupes de l'Axe achèvent de s'installer sur la ligne El Agueila-Marada, sur la frontière entre la tripolitaine et la cyrénaïque, après avoir échappé à la tentative d'encerclement britannique.

Le port de Derna est réouvert par les Britanniques.

source : guerre-mondiale.org, Worldwar-2.net
Front des Philippines
Des combats d'artilleries ont lieux à Layac
Dinalupihan est capturé par les forces japonaises

source : guerre-mondiale.org
Front de Chine
Le général Tchang Kaï-chek demande au gouvernement américain de nommer un officier général comme chef d'état-major des troupes américaines et britanniques en Chine.

source : guerre-mondiale.org
undefinedAtlantique nord
Le U701 coule le cargo britannique Baron Erskine, retardataire du convoi SC-62, au sud de l'Islande.

source : UBoat.net


Le président Roosevelt déclare dans son message annuel au congrès sur l'état de l'union, que des plans ont étés mis en place pour la coopération entre les nations unies et qu'il y aurait une continuation des conférences et des consultations des états-majors militaires
Nous ne devons pas faire des guerres isolées, chaque nation allant son propre chemin.... les militaristes de Berlin et Tokyo ont commencés cette guerre, mais les forces en colères de l'humanité mise en commun la terminera.
Le président américain soumet aussi son budget, se montant à 59 milliards de dollars, pour l'année 1942 au congrès. La production de guerre de 1942 doit être de 60000 avions, 45000 chars et 8 millions de tonnes de matériel. Les prévisions pour 1943 sont de 125000 avions, 75000 chars et 11 millions de tonnes de matériel.


Couverture du journal allemand Lustige Blätter, présentant le président américain au prise avec le Japon


source : "Events leading up to World War II" sur iBiblio.org, onwar.com, guerre-mondiale.org, calvin.edu (photo)
L'Australie déclare la guerre à la Bulgarie

source : "Events leading up to World War II" sur iBiblio.org




L'Egypte rompt ses relations diplomatiques avec la France de Vichy
celles-ci étant contraires à l'esprit du traité Egypto-britannique.

source : "Events leading up to World War II" sur iBiblio.org



M. Molotov, ministre des affaires étrangères soviétique, dénonce dans un message à tous les pays qui ont des relations diplomatiques avec l'URSS, les atrocités allemandes dans les parties occupées de l'Union Soviétique.
Ce message fait état des fosses communes découvertes par l'armée rouge après la libération de villes sur le front de Moscou, durant la contre-attaque d'hiver.
La lettre intitulée "concernant les crimes terribles des nazis contre les civils, les prisonniers de guerre et autres" cite des témoins qui viennent des territoires occupés et qui décrivent le meurtre de 52000 personnes à Kiev ainsi que de 1000 de plus à Odessa, Dniepropetrvsk, Mariopol, Kamenets-Podolsk et d'autres endroits.

La lettre comporte des rapports fragmentaires qui avaient déjà atteint graduellement les pays occidentaux et corroborés les soupçons du génocide ayant court à travers toute l'Europe. Elle indique enfin que l'union soviétique "n'oubliera et ne pardonnera jamais".
Il y a des preuves documentées que ceci a été fait dans tous les districts qui sont tombés dans les mains allemandes, et que ces actes ne sont pas le fait d'unités isolées et indisciplinées, mais qu'elle sont part d'un plan préparé à l'avance par le commandement allemand

source : "Events leading up to World War II" sur iBiblio.org, Worldwar-2.net, Mémorial Yad-vashem

Caricature de Leslie Illingworth paru dans le Daily Mail le 6 Janvier 1942

sur les pierres : unité de commandement, Amérique, Chine, Bretagne, Indes néerlandaises
sur le "David": Wavell

source : CartoonHub

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