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27 Mai 1942

Publié le par Fix

Les îles de Wallis et Futuna se rallient à la France Libre, suite à l'arrivée de l'aviso français libre Chevreuil, venant de Nouvelle-calédonie

Le général De Gaulle fait un certain nombre de déclarations à Londres. Les déclarations portent entre autre sur l'accord conclu entre l'Amiral Robert, Haut-Commissaire de Vichy pour les colonies françaises d'Amérique et résidant à la Martinique, et le gouvernement américain, accord conservant à l'Amiral Robert son influence sur les territoires français en Amérique.
Q. - Que pensez-vous de la marche des événements à la Martinique, par rapport à la situation intérieure de la France ?

R. - La question que vous venez de poser est très importante. Elle est au fond de presque toute la discussion mondiale actuelle au sujet de la France et, naturellement, de la France Combattante. Cette question c'est la représentation des intérêts généraux de la France parmi les démocraties. Il s'agit de savoir si les intérêts généraux de la France sont ou ne sont pas représentés parmi les démocraties. Quand il se produit un fait comme celui de la Martinique, ou bien la question est tranchée unilatéralement par une Puissance étrangère et alliée, ou bien elle est tranchée par un accord entre cette Puissance alliée et M. Laval, c'est-à-dire en dernier ressort M. Hitler. Ni l'une ni l'autre de ces solutions ne sont acceptables. Elles ne font pas entrer en ligne de compte la représentation des intérêts généraux de la France parmi les Alliés. Je le dis comme je le pense.

Q. - Si l'Amiral Robert rompait les liens avec Vichy, est-ce que vous seriez prêts à l'accueillir dans le Mouvement Français Libre ?

R. - Une seule question intéresse la France Combattante. C'est le rassemblement du peuple français dans la guerre aux côtés des Alliés. Si un Français, et à plus forte raison un chef français, décide de reprendre le combat pour la France aux côtés des Alliés, nous n'éprouvons aucune difficulté à nous unir avec ce chef et avec ce Français. Nous ne faisons aucune exclusion parmi les Français, quels qu'ils soient, du moment qu'ils se rassemblent dans la guerre pour la France, aux côtés des alliés de la France.

Q. - Le Général a-t-il des propositions à faire pour améliorer la représentation des intérêts français auprès des démocraties ?

R. - Je pense que la question de la représentation des intérêts français auprès des démocraties est actuellement, dans certains cas, mal posée, parce qu'on n'y comprend pas le caractère réel de la France Combattante, c'est-à-dire de la France qui combat au milieu des démocraties.

C'est ainsi que, récemment, j'ai lu dans les journaux américains les déclarations de certaines personnalités américaines avançant l'appréciation suivante au sujet de la France Combattante : « Il convient que la France Combattante reste exclusivement une organisation militaire.» Pour appuyer cette thèse, ces journaux, ces personnalités disaient: « Les Français Combattants eux-mêmes ne veulent pas faire de politique. Et puisque les Français Combattants eux-mêmes ne veulent pas faire de politique, ils ne sont pas qualifiés pour représenter au point de vue national les intérêts généraux de la France parmi les démocraties et ils doivent rester exclusivement une organisation militaire.»

Je pense, et tous les Français Combattants pensent, et un très grand nombre de Français en France pensent que c'est là jouer sur les mots.

Il est tout à fait exact que les Français Combattants et l'immense majorité des Français en France ne veulent pas actuellement se diviser dans des luttes de politique intérieure.
Les Français Combattants ne sont d'aucun parti; ils comprennent des hommes de tous les partis, de toutes les opinions, rassemblés pour une seule tâche qui est la libération de la France.
Mais cela ne signifie pas du tout que la France Combattante doive être enfermée purement et simplement dans une organisation militaire. Enfermer la France Combattante dans une organisation militaire, ce serait demander au Général de Gaulle de fournir des morts et des blessés pour les champs de bataille, des morts pour les pelotons d'exécution, sans que la France en tire aucun avantage national parmi les démocraties.

La France Combattante combat pour les intérêts généraux de la France qu'elle prétend représenter. En outre, elle veut rassembler le peuple français dans la guerre. Comment rassembler le peuple français dans la guerre, si la France Combattante n'a qu'un caractère exclusivement militaire ?

Enfin, c'est un fait que la France Combattante a la charge d'administrer des territoires importants, qu'elle exerce, au nom de la France, le mandat français sur les États du Levant, et qu'elle est donc obligée de ne pas s'en tenir à un rôle exclusivement militaire.

Q. - Avez-vous des suggestions pratiques à nous donner pour étendre l'expression nationale de votre mouvement et lui donner une expression politique ?

R. - Ici je vais vous répondre très franchement. La représentation du peuple français est naturellement dans le peuple français. Nous ne pouvons pas avoir la prétention, étant une poignée d'hommes, de constituer la représentation politique du peuple français. Cette représentation politique ne pourra reparaître qu'à la libération, quand le peuple français reconstituera dans sa souveraineté sa politique. Voilà une première chose qu'il faut bien comprendre.

Mais, en attendant, il reste des intérêts généraux de la France qui doivent être soutenus et représentés par des Français. C'est ce que nous faisons.
Pour le faire, nous souhaitons pouvoir nous renforcer par des hommes aussi représentatifs que possible de telle ou telle fraction du peuple français.

Mais alors, c'est là que nous rencontrons la difficulté provenant de la position de la France Combattante vis-à-vis des nations étrangères. Car un certain nombre d'hommes importants qui sont à l'étranger ne voient pas comment ils pourraient utilement être employés par nous, du moment que nos alliés eux-mêmes disent que nous devons n'être que des soldats.
Et, quant aux Français de l'intérieur qui représentent des fractions politiques de la nation française, la difficulté est de les faire venir, bien qu'ils le désirent et que beaucoup
le demandent.

Cependant, je suis un optimiste et j'ai mes raisons de penser que nous sommes en train de nous élargir dans le sens que vous indiquez. Je crois que nous obtiendrons à ce sujet, très prochainement, des résultats.

Je voudrais, cependant, ajouter quelque chose à ce sujet. La France a été naturellement bouleversée jusque dans ses profondeurs par le désastre et par les conséquences du désastre. A cause de cela, beaucoup d'hommes qui paraissent encore à l'étranger représenter réellement une fraction importante du peuple français, en réalité ne la représentent plus, parce que, dans sa douleur, le peuple français, croyez-moi, a fait une révolution.

Q. - Que pensez-vous des revendications italiennes : la Corse, Nice, la Savoie, la Tunisie ?

R. - Je crois qu'il est très possible qu'en ce moment l'Italie veuille réaliser, pendant qu'il en est temps encore, et que, pour des raisons intérieures italiennes, elle veuille effectivement s'emparer des territoires français qu'elle ambitionne, c'est-à-dire Nice, la Savoie, la Tunisie, la Corse, pour ne plus parler de Djibouti. La solution provisoire est dans les mains d'Hitler. Si Hitler accepte et soutient les ambitions italiennes, vous pouvez être certains que Vichy acceptera, par force, n'importe quoi.

Je crois, cependant, que, dans cette éventualité, l'événement produira sur le peuple français une impression décisive et que le peuple français verra plus clairement que jamais que ses intérêts et son avenir ne sont pas du côté de l'Axe.

Q. - Pour revenir à cette question de la représentation de la France, vous avez bien dit que la révolution en France a probablement laissé des hommes d'État, des personnalités politiques en dehors du Mouvement Français Libre ?

R. - Il y a, parmi les Français qui ont gagné l'étranger, beaucoup d'hommes qui sont demeurés en contact avec l'âme de la nation française. Mais en France, actuellement, il y a des mouvements de résistance, dés groupements, comme par exemple le personnel syndicaliste qui est un des principaux éléments résistants, comme « Libération », « Franc-Tireur », « Combat » qui sont des rassemblements pour la résistance. Eh bien ! Les chefs de ces mouvements sont des hommes nouveaux, nous les connaissons et nous sommes en rapport avec eux.

Q. -Lors de la formation du Comité National, le Général lui-même a dit que le Comité serait le détenteur provisoire de l'autorité, jusqu'au moment où il la rendrait aux représentants élus de la nation. Le Général aurait-il l'intention de réunir le Parlement, ou de prendre d'aUtres mesures en ce qui concerne les divers partis politiques ?

R. - Mon opinion personnelle, c'est que la France désirera avoir une Assemblée nouvelle. Franchement je ne crois pas (c'est mon opinion personnelle) que l'ancien Parlement qui d'ailleurs a abdiqué en votant la Constitution de Vichy, puisse être considéré après la guerre comme représentant réellement le peuple français. Je crois que le peuple français souhaitera unanimement qu'une Assemblée nouvelle, une Convention nationale, soit réunie pour exprimer sa volonté. J'espère qu'il pourra être possible constitutionnellement de trouver un moyen de lier la nouvelle Assemblée nationale française à ce qui existait autrefois. Il y aura là certaines procédures politiques à envisager : l'intervention, peut-être, des chefs de partis ou des présidents des anciennes Assemblées qui se réuniraient pour constituer une transition ? Mais, quant à la représentation du peuple français après cette guerre, l'opinion générale des Français, et la mienne, c'est que l'ancien Parlement ne le représentera plus, car cet ancien Parlement a lui-même abdiqué dans la fameuse Assemblée de Vichy qui a remis au Maréchal Pétain le droit de faire une nouvelle Constitution.

Q. - Seriez-vous personnellement pour que cette représentation nouvelle soit démocratique, républicaine, sur la base du suffrage universel ?

R. - Moi-même et l'immense majorité des Français, dont je connais l'opinion, sommes tout à fait résolus à recouvrer intégralement la souveraineté nationale et la forme républicaine du Gouvernement.

Je ne crois pas que la forme de la future Constitution française sera exactement la même que celle d'avant la guerre. Mais c'est là une opinion personnelle, et il appartiendra à la future Assemblée Nationale de décider de la Constitution française.

Q. - Il Y avait un mot essentiel dans la question : le mot « démocratique ».

R. - La démocratie se confond exactement, pour moi, avec la souveraineté nationale. La démocratie, c'est le gouvernement du peuple par le peuple, et la souveraineté nationale, c'est le peuple exerçant sa souveraineté sans entrave

source : The world at war, Médiaslibres.com
Front de l'est
Front sud
Le siège de Sébastopol continue, devenant le seul siège d'une forteresse moderne menée jusqu'à son terme.
Sébastopol est le principal port soviétique sur la mer noire, protégé par 3 lignes de tranchés, bunkers et batteries d'artilleries. Les principales défenses sont dans la zone centre, incluant les hauteurs et la rive sur du fleuve Belbek. Sur ces collines se trouvent les forts "Staline", à l'est, et Maxime Gorki I" à l'ouest, ce dernier disposant de tourelles de 305mm, pouvant balayer toute la vallée de la Belbek.
105 000 personnes défendent la forteresse contre 203 000 allemands et roumains, disposant d'une des plus forte artillerie de siège de la guerre. Commandés par le maréchal Erich von Manstein, les troupes de l'axe disposent de canons lourds de 305 mm, 350 mm, et 420 mm, ainsi que des "super mortiers" "Karl" et "Thor" de 600 mm. Enfin, le "super canon" Dora de 800mm est en train d'être assemblé, pour pouvoir participer au bombardement de la forteresse.

source : Worldwar-2.net
Front d'Afrique du nord
Les troupes du XXe corps de l'axe commencent à attaquer dans la nuit les positions de la 3e brigade motorisée indienne, positionnée au sud de Bir Hakeim, mais sont retenues pendant 3h par celle-ci, encaissant de lourde pertes dans l'attaque.
De la même manière, la division Ariete est mise en difficulté par la 1ere brigade française libre, retranchée à Bir Hakeim, et doit se replier alors que le plan originel du général Rommel prévoyait la capture de la place rapidement. La division blindée italienne est réduite à 33 chars alors que les français libres n'ont perdu qu'un camion et un canon, les pertes humaines se limitant à 2 blessés.

Soldats italiens de la division Ariete en train d'attaquer Bir Hakeim

La division Trieste, quand à elle, se trouve sous un feu nourri allié, s'étant égaré dans un champ de mine suite à une erreur de navigation.
Plus à l'est, la 15e panzer engage la 4e brigade blindée britannique, lui infligeant de lourdes pertes, mais en recevant aussi, les tankistes allemands étant surpris par la portée des nouveaux chars Grant américain, mis à la disposition des britanniques.
A la fin de la journée, la 4e brigade blindée britannique se replie sur El Adem et Belhamed, pendant que les unités blindées allemandes pénètrent près de 40km au nord, arrivant au contact de la 1ere division blindée britannique

Sur la droite du dispositif de l'axe, la 90e division légère allemande réussit à progresser, forçant la 7e brigade motorisée britannique à retraiter et capturant le quartier général de la 7e division blindée britannique, laissant celle-ci sans ordre pendant 2 jours. Arrivant finalement sur El Adem, la 90e division légère capture une partie des zones de ravitaillement britanniques, malgré les contre-attaques alliées.

source : wikipedia, wikipedia, onwar.com, Worldwar-2.net, inilossum.com (photo)

Front du pacifique centre
L'Amiral Nimitz donne l'ordre à la Task Force 16, commandée par l'Amiral Spruance et comprenant les porte-avions USS Enterprise et USS Hornet, de quitter Pearl Harbor le lendemain, pour se diriger sur Midway.

source : Worldwar-2.net
Pacifique nord
Les escadres d'invasion japonaise des îles de Kiska et Attu, dans les Aléoutiennes, quittent Ominato, au Japon, pour se diriger vers leur objectifs.

Pacifique centre
L'escadre d'invasion japonaise devant débarquer sur l'atoll de Midway quitte Guam et Saipan avec 5000 soldats à son bord. Ils sont escortés par des croiseurs et des destroyers

La TF17 arrive à Pearl Harbor avec le porte-avion américain USS Yorktown, endommagé pendant la bataille de la mer de Corail. Celui-ci part immédiatement pour être réparé, en vue de la bataille autour de l'atoll de Midway qui approche.

source : wikipedia, onwar.com, Worldwar-2.net
undefined Atlantique nord
Le U172 coule le pétrolier britannique Athelknight, issu du convoi dispersé OS-28, au milieu de l'Atlantique nord
Le U578 coule le cargo néerlandais Polyphemus au milieu de l'Atlantique nord

Mer des Caraïbes
Le U753 coule le pétrolier norvégien Hamlet au sud de l'embouchure du Mississipi, aux Etats-Unis
Le U558 coule le transport américain Jack au sud d'Haïti

source : UBoat.net
A 10h30, Reinhard Heydrich, Reichsprotektor du protectorat de Bohème Moravie, est blessé gravement à Prague dans un attentat mené par 2 parachutistes tchèques, Jozef Gabcík, Jan Kubiš, largués sur l'ancienne Tchécoslovaquie peu auparavant.

Gravement blessé par une grenade lancée durant dans l'attaque de sa voiture, il est transporté à l'hôpital, ou Heinrich Himmler ordonne qu'aucun médecin tchèque ou de la Wehrmacht ne soit autorisé à l'opérer, préferant envoyer ses médecins personnels.

La mercedes de Reinhard Heydrich après l'attentat

Adolf Hitler donne l'ordre de capturer les 2 agents tchèques à tout prix et des représailles massives en Bohème Moravie.
Les auteurs de l'attentat se cachent d'abord dans 2 familles pragoises, pour ensuite trouver refuge à l'église orthodoxe de Saint-Cyrille-et-Méthode à Prague.

source : German history in documents and images (photo), wikipedia, onwar.com, "Events leading up to World War II" sur iBiblio.org, Worldwar-2.net, Mémorial Yad-vashem, History place - Holocaust Timeline

Les 152 membres d'un groupe d'étudiant, pris pour avoir placardé des affiches anti-nazies à Berlin le 18 Mai, sont exécutés

 source : Worldwar-2.net



Caricature de Leslie Illingworth paru dans le Daily Mail le 27 Mai 1942

sur l'ombre : Mission Arnold-Towers - reconnaissance américaine pour le second front

source : CartoonHub

Caricature de David Low paru dans le Evening Standard le 27 Mai 1942 : "Le processus de pression"

Sur les papiers : plus de collaboration

source : CartoonHub

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