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4 Février 1943

Publié le par Fix

france-libre.gifLe général De Gaulle prononce un discours à la radio de Londres
Les récents discours de Berlin étalent aux yeux et aux oreilles du monde l'angoisse qui étreint l'ennemi. Ce recul entre la mer Blanche et le Caucase, ces Corps d'Armée encerclés, ces généraux qui capitulent, cette retraite ininterrompue depuis le Nil jusqu'au Mareth et depuis les confins du Tchad jusqu'au golfe de Jabès, voilà qui est, en effet, très inquiétant pour l'Allemagne et pour ses alliés. Comment pourraient-ils maintenant imaginer la victoire? Et, quant aux serments des orateurs de Berlin, jurant que l'Allemagne ne capitulera jamais, l'expérience nous a appris que le courage du désespoir, noble expression littéraire, n'est pas une réalité guerrière.

Est ce à dire que nos ennemis en soient là ?

Certes, non ! La force et la ruse des dictatures ont encore assez de ressources pour balancer le destin. Une phase de la guerre commence, dans laquelle l'ennemi va chercher son salut en s'efforçant à la fois de diviser ses adversaires et de contenir leurs armées. Dans le drame terrible de cette guerre, comme dans les grandes tragédies classiques, l'issue demeurera douteuse jusqu'à la scène du dénouement.

Ce dénouement, la France veut faire, pour le hâter, tout ce qui est en son pouvoir. En dépit de la situation terrible où l'ont jetée ce malheur qui s'appelle le désastre et ces crimes qui s'appellent la trahison et l'attentisme, et malgré toutes les tentatives de division et de confusion dont elle est tristement l'objet, elle déploie contre l'ennemi un effort chaque jour grandissant. Elle le fait par le combat de ses forces de terre, de mer et de l'air, de celles qui ne cessèrent jamais la lutte, comme de celles qui la reprennent. Elle le fait par le combat de nos braves et bonnes phalanges organisées sur son territoire, en attendant qu'au bon moment l'insurrection générale le nettoie de l'envahisseur en déroute et des traîtres en déconfiture.

Pour la soutenir et la guider dans ses efforts, la nation a, devant les yeux, le but qu'elle entend atteindre. Elle a pu, durant la dernière guerre, sacrifier pour le compte des autres tout autant que pour le sien le meilleur de sa jeunesse et, ensuite, renoncer à la plupart des bénéfices de sa victoire dans ce qui lui était présenté comme l'intérêt commun. Elle a pu se voir, en mai 1940, à la fois découverte par un système militaire absurde et livré presque avec ses seules forces à la ruée de l'ennemi. Elle a pu, après son désastre, et je crois bien non sans quelque mérite, se redresser dans la résistance afin de rester fidèle à elle-même et à ses alliances. Elle a pu, sans que sa volonté fléchisse, subir dans son Empire des " expédients " surprenants. De tant d'épreuves et d'expériences, le peuple français a tiré certaines conclusions dont il ne se départira plus.

Pour ce qui le concerne lui-même, le peuple français entend se libérer par le sang et par les armes, avec le concours d'alliés qu'il a naguère aidés, qu'il aide encore, à se couvrir. Il entend recouvrer à mesure toutes ses libertés ravies, soit par l'ennemi, soit par un régime odieux et usurpé. Il entend rebâtir sa maison, nette et propre, en balayant tous les échafaudages de privilèges bien combinés et de pouvoirs artificiels, édifiés sur ses malheurs par les prébendiers du désastre.

Pour ce qui concerne les autres peuples, le peuple français les juge et les jugera exclusivement d'après deux critériums : de quels efforts auront-ils été effectivement capables dans la lutte contre l'ennemi?
Comment auront-ils, dans notre immense détresse, ménagé la dignité, la souveraineté, l'indépendance de la France ?

C'est sur ces bases, et sur ces bases seulement, que le peuple français reconstruira l'édifice de sa grandeur et de ses amitiés.

Oui, c'est cette volonté de vaincre et ce sont ces lucides jugements qui remplissent, en ce moment, l'esprit et le cœur de millions et de millions de Français et de Françaises dans leur misère et dans leur combat. Il en sortira une nation pure et dure ne prenant conseil que d'elle-même. Tous les outrages, chagrins, dégoûts, dont elle a été abreuvée sans en être accablée, ne peuvent que la mieux tremper pour affronter son grand avenir. La France aura le dernier mot.

source : media-libres.com
Front de l'est
Front sud
L'armée rouge continue son avance sur Rostov, Kharkov et Koursk.

Front du Caucase
L'armée rouge tente un débarquement à Novorossiysk, sur la mer noire mais la résistance allemande est vive et cloue l'armée rouge sur les plages. Les soldats soviétiques sont isolés entre Novorossisk et Krasnodar, entre la mer Noire et la mer d'Azov, et doivent être ravitaillés par la mer.
Kanevskaya, à l'est de Tikhorestsk, à moins de 50 kilomètres de la mer d'Azov, est libéré par l'armée rouge.

Soldats soviétiques se dirigeant vers Novorossiysk

Chars soviétiques détruits sur les plages. La résistance allemande à eu raison du débarquement de l'armée rouge

source : Worldwar-2.net, onwar.com, guerre-mondiale.org, inilossum.com (photo)
italie.jpg Front de Méditerranée
L'aviation alliée bombarde fortement Turin et La Spezia.

source : guerre-mondiale.org


Front d'Afrique du nord
Des unités de la VIIIe armée britannique entrent en Tunisie par la frontière de Libye.

source : onwar.com, guerre-mondiale.org


Front du pacifique sud
Iles Salomon
Une nouvelle opération d'évacuation japonaise à lieu. 20 destroyers quittent les Shortlands à 11h30. A 15h50 74 avions américains attaquent en 2 vagues les navires japonais, endommageant gravement le destroyer Maikaze, qui sera remorqué jusqu'aux shortlands par le Nagatsuki.

Cette fois ci par contre les vedettes lance-torpilles américaines n'attaquent pas les destroyers d'évacuation japonais, qui embarquent 3921 soldats supplémentaires de la 2nd division.

L'avance américaine à l'ouest de Tassafaronga continue

source : onwar.com, guerre-mondiale.org, wikipedia

Atlantique nord
Le U187 est coulé au milieu de l'Atlantique nord par les destroyers britanniques HMS Vimy et HMS Beverley
Le convoi SC-118 commence à être attaqué par 20 U-boats, les attaques durant 5 jours autour du convoi.

source : UBoat.net, onwar.com, guerre-mondiale.org
uk.gifusa.gifbirmanie.gifUne conférence des chefs militaires alliés se termine à New Delhi. Elle vise à préparer les opérations de reconquête de la Birmanie préalablement aux attaques à mener en Chine. La conférence comprend entre autre le maréchal Wavell, le maréchal Dill et les généraux Arnold et Somerwell
Le maréchal Wavell admet que les difficultés de communication en Assam et les lignes intérieures japonaises développées en Birmanie font que le seul plan faisable pour la reconquête de la Birmanie est un débarquement à Rangoon. Cette reconquête doit avoir lieu à l'Automne 1943 ou au printemps 1944

Les participants de la conférence de New Delhi. De gauche à droite : Le maréchal Wavell, le général Stilwell, le général Arnold, le général somerwell et le maréchal Dill

source : center of military history, guerre-mondiale.org
allemagne.pngLes commerces qui ne sont pas de première nécessité ont ordre de fermer.

source : guerre-mondiale.org




Caricature de David Low paru dans le Evening Standard le 4 février 1943 : "comme prévu"
source : CartoonHub

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